TOGU Architecture

« L’art au paradis » #4 – PARADIS DESIGN
Exposition de Pascal FANCONY du 31 mai au 10 juin 2012

pascalfancony.fr

Couleur tressées couleurs croisées

« Nos artistes s’exportent, du moins vers des contrées limitrophes et c’est toujours mieux que de fonctionner en vase clos. Pascal Fancony semble avoir voué sa vie à l’expression des couleurs qu’il s’agisse du rouge ou du spectre coloré. C’est en effet la gamme chromatique, telle qu’elle s’exprime en peinture, qui le sollicite dans une démarche abstraite qui se rapproche parfois des investigations de Supports-Surfaces, qu’il s’agisse des croisillons de Dezeuze ou des travaux sur la bande verticale de Bioulès lui-même inspiré par Barnett Newman. C’est le tressage de bandes colorées, peintes sur bois ou sur papier, qui semble actuellement fédérer le travail de Fancony. Les couleurs du spectre s’y succèdent et s’y entremêlent dans des carrés plus ou moins encadrés ou des losanges selon une organisation stricte et graduelle qui suscite, par rapprochement de deux spectres, des phénomènes colorés. La manière dont les lamelles se chevauchent est passible de variations ou permutations multiples ce qui décuple les possibilités de présentation. Parfois, le ballet coloré s’effectue au sol à partir de modules carrés hissés sur un socle comme des sculptures. D’autres fois, ce sont de larges bandes colorées qui sont placées à distance plus ou moins importante du regardeur ce qui produit des effets de profondeur mais dans l’espace. Car la véritable question est là : la surface est plane, et la couleur suffit à l’habiter. Ce qui rend l’expérience de Fancony intéressante et pertinente au regard de notre époque c’est qu’elle semble s’approprier par la peinture, sa tradition et sa technique, des méthodes de travail empruntées à des activités actuelles et qui vont du langage publicitaire aux arts décoratifs. Sauf que bien sûr l’insertion d’une œuvre qui se revendique comme artistique et picturale dans un espace requis lui confère un statut particulier. La couleur ici n’est pas virtuelle et didactique, ni fonctionnelle et persuasive, elle s’affirme dans son épaisseur et sa densité. Et dans sa volonté de durer. C’est sans doute par là que la peinture assure sa pérennité. »
Janv-Fév 2010, extrait de la revue « L’art… vues »
Bernard TEULON-NOUAILLES

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